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La Croix-Rouge lance un plaidoyer "pour une société de la longévité"

Crédit: iStock

L'association livre 14 propositions d'actions pour enrichir le débat dans le cadre de la future loi "grand âge et autonomie" et alimenter la réflexion des directeurs d'établissements et de services.

Un "gros travail" a été fait par la Croix-Rouge française, "acteur incontournable" et "force de propositions", lors de la concertation grand âge autonomie et dans l'atelier métiers pour le rapport Libault, a rappelé le délégué national "personnes âgées et domicile" de l'organisation, Johan Girard, lors d'un entretien avec APMnews (site du groupe d'information APM International, dont fait partie Gerontonews), début octobre.
"La plus grande partie des acteurs étaient assez satisfaits" de la concertation et du rapport mais "on s’est dit qu'il fallait aller plus loin" et porter "des messages forts en cohérence avec nos valeurs, nos piliers, notre raison d’être", aux décideurs, aux pouvoirs publics et aux journalistes, a-t-il expliqué.
"Nous sommes à un virage, qu’il ne faut pas rater", "il faut des actions fortes", a insisté Johan Girard.
Ce plaidoyer vise donc à porter la vision de la Croix-Rouge française sur la façon d'appréhender cette "société de la longévité" et de l'accompagner à court, moyen et long termes. L'association souhaite "reconsidérer la personne fragile comme source de potentialité" pour la société, ce qui implique de "l’aider dans son parcours de vie, la valoriser dans une dynamique inclusive, s’assurer du respect de ses droits et libertés".
Le document a été évoqué fin septembre par le président de la Croix-Rouge, le Pr Jean-Jacques Eledjam, lors de la première Université de la longévité, organisée à Nîmes par la Fondation i2ml (Institut européen des métiers de la longévité).
Johan Girard a souhaité le présenter aux directeurs d'établissements et services lors d'un séminaire des métiers du grand âge à cette occasion afin qu'ils puissent prendre de la hauteur "sur des sujets fondamentaux tels que les libertés [...], s’engager sur les territoires sur ces messages-là, se nourrir de ce plaidoyer pour travailler leur projet d’établissement et de service" et qu'il y ait derrière une "déclinaison managériale".
Pour lui, il faudrait d'ailleurs réintroduire davantage de sciences humaines dans la formation des directeurs à côté des sciences de gestion.
Johan Girard porte également ces idées au sein de la mission sur les métiers du grand âge, pilotée par Myriam El Khomri, et dont il fait partie.
La Croix-Rouge a prévu de communiquer auprès du grand public et de diffuser sur Facebook et Instagram des microtrottoirs et des mini-reportages au sein des structures à domicile ou en établissement sur le changement de regard sur le vieillissement dans la société.

"D'une logique de lits à une logique d’habitat"

La première des 14 propositions vise à repenser le modèle de société et d’organisation des soins sous l’angle de parcours de vie plutôt que par une segmentation par l’âge.
La Croix-Rouge suggère de créer une délégation interministérielle de l’autonomie, garante de la cohérence des politiques publiques en faveur de l’autonomie. Elle serait notamment chargée de "modifier l’ensemble du champ lexical qui touche au sujet du vieillissement sous un angle positif en assurant la promotion de l’autonomie plutôt que de la perte". Elle devrait aussi élaborer une évaluation qualitative de tout le champ lexical utilisé dans le secteur et appliquer les "bons mots" au "bon moment" de chaque parcours de vie.
Cela "me semble incontournable", a souligné Johan Girard, en estimant qu'il aurait mieux fallu prévoir un secrétariat d'Etat à l'autonomie placé auprès de Matignon ou une délégation interministérielle, plutôt qu'un secrétariat d'Etat chargé des personnes handicapées.
La Croix-Rouge appelle à passer d'une logique de lits ou de chambres à une logique d’habitat afin que toute personne avançant dans son parcours de vie puisse se sentir "chez elle'", ce qui suppose la prise en compte "d’un large spectre d’offre de services adaptés à chaque parcours, une évolution des organisations basée sur le parcours personnalisé prenant en compte les attentes au-delà des besoins ou encore l’intégration des concepts architecturaux faisant écho au domicile dans le cadre de lieux d’hébergement collectifs".
Une des propositions appelle à renforcer durablement le taux d’encadrement à domicile et en établissement pour pouvoir améliorer l’autonomie des personnes fragiles, développer l’écoute active et accompagner de manière personnalisée. Dans ce cadre, la Croix-Rouge propose de développer l’offre d’accompagnement social des aidants et de leurs proches malades, à travers des activités bénévoles complémentaires de celles des professionnels (structures d’accueil de proximité, inventer de nouvelles formes d’accompagnement solidaire des personnes âgées, en mobilisant des bénévoles).
Elle préconise de "mieux reconnaître la place et la valeur de l’aidant dans les politiques publiques".
L'accent est aussi mis sur la nécessité de revaloriser la reconnaissance salariale des métiers du grand âge, "d’organiser les parcours de carrière en lien avec d’autres secteurs d’activités dans le cadre des reconversions, de renforcer l’attractivité dans les plans d’orientation professionnelle au sein des écoles ou encore de renforcer les perspectives de carrière pour les postes d’aides à domicile, d’aides-soignants par des fonctions intermédiaires de coordination et, de surcroît, par le développement d’activités complémentaires de coordination des parcours".
Dans le plaidoyer, la Croix-Rouge appelle à "intégrer la prévention tout au long des parcours de vie dans les politiques de santé pour assurer une longévité en bonne santé" (financements "réels" de l’assurance maladie, prévention des chutes, hygiène buccodentaire, troubles sensoriels, sport adapté et financement des activités de lien social permettant de lutter contre la perte d’autonomie).

Inverser le regard en reconnaissant les "capabilités"

Une des idées défendues vise à "inverser le regard par la reconnaissance des capabilités de chaque personne fragile", ce qui suppose une réforme de la formation professionnelle et des référentiels métiers du grand âge ("intégrer le savoir-être au-delà du savoir-faire, apprendre à écouter et valoriser, autonomie d’agir plutôt qu'actes techniques de compensation"...). Dans ce cadre, elle juge "fondamental" de pouvoir renforcer dans la formation initiale l’apport gérontologique et d'élargir la formation d’assistant de soins en gérontologie (ASG) à tous les professionnels aides-soignants en y associant la reconnaissance financière adéquate.
Elle préconise de promouvoir l’engagement comme réponse à l’isolement social et comme vecteur de valorisation des capabilités des personnes âgées et de valoriser la transmission aux jeunes générations et aux professionnels de la dépendance des expériences professionnelles ou personnelles des personnes âgées (inclusion dans les formations en tant que "patients experts").
La Croix-Rouge estime indispensable de garantir aux personnes fragiles un exercice de leurs droits et de leurs citoyenneté "jusqu’au bout de leur parcours de vie, par leur participation active aux différentes instances au sein d’une collectivité territoriale (ville, intercommunalité, département, région, national…) ou d’une organisation du type opérateur du domicile et/ou d’établissement". Elle prône une révision de la charte des droits et liberté de la personne accueillie, dont elle a déjà diffusé un modèle actualisé à ses établissements, et l'engagement des acteurs de la "silver économie" à respecter le libre choix des personnes fragiles.
Enfin, elle considère qu'il faut prévoir un accompagnement "pour dépasser la fracture numérique" (alternative à la démarche en ligne), favoriser les actions de mobilité alternatives permettant aux personnes âgées isolées de bénéficier de services de proximité pour sortir de leur isolement et "replacer le sujet de la mort comme un élément du parcours de vie".
Sur ce dernier point, la Croix-Rouge française souhaite renforcer la formation des professionnels aux soins palliatifs pour un accompagnement de qualité des personnes en fin de vie mais également inclure les aidants dans cet accompagnement. Elle appelle à retravailler la communication des directives anticipées et la nomination de la personne de confiance, renforcer le nombre de places de soins palliatifs et des moyens alloués au sein des Ehpad.
Caroline Besnier et Valérie Lespez
cb-vl/ab/cbe/nc

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