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Fin de vie en Ehpad: la conduite à tenir en temps de Covid-19 actualisée

Crédit: iStock/sturti

Le ministère délégué chargé de l'autonomie a mis à jour la conduite à tenir en ces temps de Covid-19 pour accompagner la fin de vie et les décès de résidents dans les Ehpad et les résidences autonomie. Avec "une attention particulière au respect des souhaits de la personne en fin de vie, à l’écoute des proches de cette personne et au soutien des professionnels".

Lors de sa réunion hebdomadaire avec les acteurs du grand âge, le 17 février, la ministre déléguée chargée de l'autonomie, Brigitte Bourguignon, a convenu que "l'interdiction des visites, l’interdiction de la toilette mortuaire, la mise en bière immédiate, ont généré tout à la fois l’anxiété et l’incompréhension des familles, le désarroi et l’impuissance des professionnels, sans oublier une solitude effrayante pour les personnes en fin de vie", a rapporté son cabinet, dans un message transmis à Gerontonews.
Le nouveau protocole "rappelle ainsi qu’il est essentiel, dans l’accompagnement des derniers instants, de porter une attention particulière à la personne bien sûr, de recueillir ses souhaits, mais également à ses proches, à sa famille et aux professionnels", a fait valoir la ministre auprès des professionnels.
"Il est rappelé que la communication est fondamentale: signaler la dégradation de l’état de santé, informer régulièrement de l’évolution de la situation, anticiper les besoins de visites, d’échanges", et "rappeler également qu’offrir un soutien psychologique aux professionnels qui accompagnent jusqu’au bout les personnes âgées est un levier qui ne doit pas être négligé", leur a-t-elle égrené.
Une première fiche diffusée dans la soirée du 17 février "vise à détailler la conduite à tenir quant à l’accompagnement de la fin de vie" et remplace celle diffusée en novembre 2020, y est-il précisé.
Elle s’applique aux établissements médico-sociaux accompagnant des personnes âgées, dont les Ehpad et les résidences autonomie, est-il indiqué.
En résumé, comme Brigitte Bourguignon l'avait annoncé aux fédérations le 10 février, le ministère y indique que "les visites des proches doivent être autorisées par la direction de l’établissement pour accompagner les personnes en fin de vie (visite en chambre, dernier hommage)", que "durant ces visites, un strict respect des gestes barrières devra être assuré", et donc qu'"une attention particulière devra être portée au respect des souhaits de la personne en fin de vie, à l’écoute des proches de cette personne et au soutien des professionnels de l’établissement".
Dans le détail, "la direction de l’établissement veille à ce que les visiteurs exceptionnellement autorisés ne présentent pas de symptôme et organise une prise de température frontale systématique. A partir de 38°C, les visiteurs ne sont pas admis dans l’établissement", est-il demandé.
Il est demandé aussi de "prévoir une organisation spécifique pour permettre l’accueil des familles souhaitant rendre visite à leur proche en fin de vie, atteint ou non du Covid-19", et d'anticiper l’organisation des visites dans la chambre.
La "circulation au sein de l’établissement, ainsi que les contacts avec les autres personnes et les professionnels doivent être limités autant que possible".

L'accès aux soins de confort garantis

Concernant les personnes en fin de vie, il convient de leur "garantir" l’accès aux soins palliatifs et aux soins de confort, "notamment via l’accès à des réseaux effectueurs (équipes mobiles de soins palliatifs, équipes mobiles de gériatrie, services hospitaliers de gériatrie)" et de recueillir leurs souhaits "en amont de la période critique et les actualiser si nécessaire".
Il faut aussi "respecter les directives anticipées et l’expression, même informelle, des dernières volontés dans la mesure du possible".
"Pour certaines situations complexes", il est nécessaire d'"organiser une discussion en équipe, avec la personne et éventuellement la personne de confiance ou ses proches dès lors que certains souhaits nécessitent des arbitrages ; mobiliser les espaces éthiques régionaux".
S'agissant des proches, le ministère recommande de leur signaler "une dégradation de l’état de santé du résident afin d’anticiper une visite".
"Cette attention ne devra pas se limiter aux seuls critères médicaux factuels mais aussi aux signaux démontrés par le résident", prévient-il. Il faut aussi "informer régulièrement les proches de l’état de santé de la personne âgée", les "écouter" pour "anticiper les besoins de visite et les besoins d’échange par modes de télécommunication", et permettre "des visites dès que le décès est pressenti et, une fois le décès survenu, pour rendre un dernier hommage au défunt".
Dans ce contexte, "les proches en visite doivent veiller au strict respect de l’ensemble des mesures barrières" avec port du masque chirurgical, et invitation à réaliser un test de dépistage en amont de la visite "par leurs propres moyens".
Concernant les professionnels, il est demandé de "former l’équipe médicale et paramédicale à l’accompagnement de la fin de vie, notamment via des formations dispensées en interne par les médecins coordonnateurs et les équipes mobiles de soins palliatifs".
"Une réflexion collective en équipe et avec les représentants des usagers à la manière d’annoncer les décès et à la façon d’aborder le sujet de la fin de vie et de la mort pourra être engagée", est-il encouragé.
Les directions sont également encouragées à "offrir un soutien psychologique à l’ensemble des professionnels dont la charge émotionnelle s’est accentuée en période de Covid-19, en mettant à leur disposition les ressources de soutien psychologique existantes", en "proposant des temps de répit et d’apaisement", et en "impliquant l’ensemble des personnels en établissement pour adopter une démarche globale de soutien aux équipes au sein de la structure".

La suppression de la mise en bière immédiate est confirmée

Une autre fiche destinée aux établissements pour personnes âgées et handicapées, diffusée le même jour, actualise les consignes pour la prise en charge du corps des résidents défunts atteints ou probablement atteints de Covid-19 au moment de leur décès.
En résumé, il est désormais demandé, en cas de suspicion d'un cas de Covid-19 au moment du décès, que le médecin constatant le décès puisse, "aux fins d'adapter la prise en charge, réaliser un test antigénique permettant la détection du Sars-CoV-2".
"Ce test à initier par le médecin peut répondre à la nécessité de lever le doute, dans le contexte d’un défunt qui présentait des signes cliniques évocateurs de Covid-19 au moment de son décès mais pour lequel le médecin ne dispose d’aucun diagnostic préalable ni information médicale", est-il expliqué.
"L’obligation de mise en bière immédiate antérieurement applicable est supprimée", est-il affirmé, confirmant une mesure prise par décret en janvier.
"Toutefois, avant la sortie du lieu où le décès est survenu, le corps du défunt est mis en bière et le cercueil est définitivement fermé, en présence de la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles ou de la personne qu'elle aura expressément désignée", est-il détaillé.
Par ailleurs "les soins de conservation (ou de thanatopraxie) sont interdits sur le corps des défunts atteints ou probablement atteints de la Covid-19 dont le décès survient moins de 10 jours après la date des premiers signes cliniques ou la date de test ou examen positif".
"Ce délai de 10 jours a été défini par le HCSP [Haut conseil de la santé publique] comme le seuil maximum de contagiosité du corps d’un défunt suspect ou atteint de Covid-19, quels que soient le statut immunitaire ou la sévérité clinique", est-il précisé.
"Il s’en suit que les défunts atteints ou probablement atteints de la Covid-19 dont le décès survient plus de 10 jours après la date des premiers signes cliniques ou la date de test ou examen positif ne sont plus considérés comme potentiellement contagieux et bénéficient donc des mêmes dispositions que les autres défunts (notamment possibilité de soins de thanatopraxie)", est-il complété.
La fiche détaille la manière dont la toilette mortuaire doit être effectuée, ainsi que la présentation du corps aux familles et la mise en bière proprement dite.
vl/cbe/ab

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