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Des perquisitions chez Orpea

Alors qu'il présentait le plan de refondation d'Orpea, Laurent Guillot, son directeur général, a confirmé des perquisitions organisées ce 15 novembre dans des dizaines d'établissements du groupe commercial. Elles sont liées à l'enquête préliminaire pour "maltraitance institutionnelle" menée depuis plusieurs mois par le parquet de Nanterre dans les suites du scandale des "Fossoyeurs".

Double actualité pour Orpea. Une subie, une choisie. Alors même que son directeur général, Laurent Guillot, présentait ce 15 novembre le plan de refondation du groupe, le site Mediapart écrivait ce même jour que "les gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp), assistés en régions par plusieurs services d'enquêteurs, ont lancé, ce mardi matin, une perquisition simultanée de plusieurs dizaines d'établissements du groupe".
Selon le média, les enquêteurs "agissent dans le cadre de l'enquête préliminaire pour 'maltraitance institutionnelle' menée par le parquet de Nanterre, sur le fondement de plusieurs dizaines de plaintes de familles de résidents pour 'mise en danger de la vie d'autrui', 'non-assistance à personne en danger', 'homicide involontaire' et 'violence par négligences'", déposées après le coup de tonnerre qu'a constitué le livre "Les Fossoyeurs".
Lors de la présentation du plan de refondation de l'entreprise, Laurent Guillot a confirmé ces perquisitions et assuré de la coopération "complète et entière" d'Orpea.
Interrogé à ce sujet par APMnews/Gerontonews lors d'une conférence de presse à l'issue de la présentation, il a répété que "nous collaborons avec la justice et nous souhaitons que la justice fasse toute la transparence sur ce qui s'est passé par le passé... [D'abord] je n'ai pas le choix, mais la démarche qui est la mienne est une démarche de transparence", a-t-il ajouté.
"Nous avons [collaboré avec la justice] sur tous les volets des dossiers", et notamment "le volet sur les malversations financières auquel nous contribuons régulièrement à l'alimentation du dossier", a-t-il assuré.

"Un système de malversations financières" mais pas de maltraitance "systémique"

Concernant la "maltraitance", "je ne dis pas que cela n'a pas existé, cela peut arriver, cela arrive. Et cela arrive dans des établissements publics, dans des établissements privés, dans des établissements non lucratifs", a-t-il observé.
"Ce qui était plus compliqué dans le cas d'Orpea, c'est que, probablement, il y a eu une pression sur les coûts qui était importante, et ça, nous sommes en train de le changer", a-t-il assuré. "Notre métier, c'est de faire tout notre possible pour que ça n'arrive pas et c'est vraiment cela, notre engagement."
L'enjeu est de "passer d'une entreprise dont la vocation est une vocation d'enrichissement personnel et une vocation immobilière, à une entreprise dont le but est le soin et l'accompagnement", a-t-il résumé.
Interrogé sur un "système Orpea", il a dit qu'il y avait bien "un système de malversations financières, sans aucun doute un système de développement à l'international déraisonnable, un système d'optimisation financière, qui a pu conduire à des maltraitances", mais a réfuté que le fait que la maltraitance soit "systémique", dans le sens où "on n'a pas 72.000 collaborateurs qui font des maltraitances".
En revanche, "on voit bien que les pratiques de l'entreprise sur le plan financier n'étaient pas acceptables", a-t-il insisté.

Un "diagnostic inédit par l'ampleur et terrible pour tout le monde"

Devant les investisseurs et créanciers, un peu plus tôt dans la matinée, le directeur général d'Orpea avait, avant de présenter son plan de refondation, longuement insisté sur l'état des dégâts laissés, selon lui, par les anciens dirigeants.
Le "diagnostic" est "clair, inédit par l'ampleur et terrible pour tout le monde", a-t-il ainsi assené.
"Orpea, l'entreprise elle-même, ses salariés, ses patients, ses résidents, ses actionnaires, les autorités, ont été victimes des malversations financières des anciens dirigeants […]: enrichissement personnel à travers les IT [informatique] et les achats, montages financiers sur l'immobilier, conflits d'intérêts... et le moins important dans la hiérarchie, des notes de frais gonflées", a-t-il égrené, assurant que "plus de 30 dirigeants au sommet de l'entreprise étaient concernés et sont partis".
"En matière de RH [ressources humaines], d'informatique, d'achat, d'immobilier et même en matière financière, les pratiques et l'organisation ne sont pas du tout à la hauteur d'un groupe de 4,2 milliards d'euros", a-t-il par ailleurs estimé, résumant le tout par des "pratiques de gestion dysfonctionnelles".
Par exemple, "au début de la crise, l'entreprise n'avait pas d'inventaire de son immobilier. Elle affichait un bilan avec 8,2 milliards d'actifs immobiliers, mais pas d'inventaire complet, et parfois pas la documentation prouvant la propriété", a-t-il rapporté.
Autre exemple, "l'entreprise n'avait pas de reporting mensuel des filiales aux normes IFRS [normes comptables, NDLR], ce qui rend son pilotage fin extrêmement difficile".
Par ailleurs, "les 7,9 milliards d'euros de dette [d'Orpea] à la fin 2021 se réalisaient à travers 738 lignes de financement différentes, évidemment avec des contrats, des obligations, des conditions" différentes, a-t-il aussi avancé.
Dans le domaine des ressources humaines, "pas de négociations annuelles obligatoires [NAO] abouties depuis 15 ans", a-t-il ajouté.
"Orpea a grandi beaucoup trop vite sans les structures pour supporter cette croissance", a-t-il observé, évoquant aussi "un développement immobilier international non maîtrisé ces dernières années", notamment "dans des pays lointains moins rentables", par ailleurs "uniquement financé sur de la dette".

"Bluffé" par les protocoles de soins

À noter qu'au milieu de ce concert de critiques, Laurent Guillot s'est en revanche dit admiratif pour les salariés du groupe, mais aussi "bluffé par la qualité de l'expertise et des protocoles de soins […]".
"C'est sans doute un apport extrêmement important du fondateur de l'entreprise [le Dr Jean-Claude Marian, NDLR], il y a 30 ans, 40 ans, au début de la constitution du groupe, et ce protocole de soin, cette expertise en matière de soins, cela reste et c'est la colonne vertébrale du groupe", a-t-il loué.
vl/cbe/ab

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