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CONGRÈS

Covid: "Ce n'est pas un remake, c'est la saison 2"

Aurélien Rousseau (ARS Ile-de-France), entouré de Florence Arnaiz-Maumé (Synerpa) et Virginie Lasserre (DGCS) le 16 septembre à Paris aux Assises nationales des Ehpad. Crédit: Patrick Dagonnot/EHPA

La situation actuelle née de l'épidémie de Covid-19 n'est "pas un remake de ce qu'on a déjà vécu. C'est la saison 2": c'est le point de vue d'Aurélien Rousseau, le directeur général de l'ARS Ile-de-France, qui a dressé un constat inquiétant de la situation.

"Les données Sidep [service intégré de dépistage et de prévention] qui disent l'incidence, vu la pression sur les laboratoires, sont en retard". Donc, "l'idée qu'on est sur un plateau et que tout va bien, je n'y crois pas", a lancé le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) francilienne le 16 septembre aux Assises nationales des Ehpad, organisées par le Mensuel des maisons de retraite.
"Tous les indicateurs avancés sont au rouge: appels au Samu, appels à SOS Médecins, passages aux urgences. On a plus de 100 clusters actifs dans les Ehpad dans la région, et l'incidence sur les personnes de plus de 65 ans est à plus de 100 à Marseille, et a pris en Ile-de-France plus de 30 points en une journée", a égrené Aurélien Rousseau.
"Et surtout", a-t-il ajouté, "le grand changement [réside dans le fait que] nos capacités d'hospitalisation vont être bien moindres, car on n'a pas déprogrammé, parce que plusieurs régions vont être touchées simultanément, et parce que les professionnels qui sont venus en renfort" en mars-avril ont repris leur poste.
"On va avoir un choc hospitalier, donc on va avoir un choc sur les Ehpad", a-t-il asséné.
Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa), a confirmé que pour le secteur médico-social, "dès le début août, on sent que cela reprend".
"On se méfie, les signaux faibles continuent, on ne sait pas où on va", a-t-elle émis. "D'urgence, il nous faut travailler sur le renfort des équipes. On a un très gros problème RH [ressources humaines]".
La déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF), Zaynab Riet, a opiné: "On fait face à un absentéisme important, les équipes sont épuisées."
Elle a appelé à un renfort urgent et rappelé la revendication de la FHF, qui préconise la création de 25.000 emplois sur cinq ans, soit 3 ETP pour 100 places. "Il faut y aller!", a-t-elle lancé.
La directrice générale de la cohésion sociale (DGCS), Virginie Lasserre, a souligné que "depuis des années, le secteur est sinistré" en matière de RH. Mais elle a rappelé aussi que sa direction avait mis en place une plateforme "Renfort RH" précisément pour épauler les Ehpad en difficulté.
Sauf que "la question RH ne pourra pas se régler de la même manière [que pour la première vague], car on n'arrivera pas à avoir le même renfort que la première fois", a répété Aurélien Rousseau, notamment parce que l'activité hors Covid des hôpitaux et cliniques a repris.

"Une équipe mobile de testing" dans les ARS?

Par ailleurs, Florence Arnaiz-Maumé a réclamé "une stratégie de tests efficace", peu convaincue par les récents propos du premier ministre, Jean Castex.
"Nous demandons officiellement qu'il y ait dans toutes les ARS une équipe mobile de testing, qui intervienne le lendemain d'un signalement de cas Covid" dans un Ehpad pour tester tous les résidents et tous les salariés et qui puisse donner les résultats "24 heures plus tard".
"Vous avez fait des miracles pendant la crise!" a-t-elle lancé à Aurélien Rousseau, l'encourageant à réfléchir à cette idée.
Elle a par ailleurs répété son inquiétude sur la future gestion du Covid-19 avec la grippe et les infections hivernales traditionnelles, et souhaité que la prise en charge des masques par l'assurance maladie continue "au moins pour passer l'hiver". Rappelons que l'organisation mise en place depuis mi-mars s'arrête fin septembre.
De manière générale, après une réponse nationale et centralisée jusqu'ici, "maintenant, la réponse doit être territorialisée", a insisté Virginie Lasserre, soulignant "la nécessité absolue que les acteurs se cordonnent" sur le terrain pour construire les dispositifs les plus adaptés à une situation donnée qui ne sera pas forcément la même que sur le territoire d'à côté.
"Graduation, différenciation", a approuvé Aurélien Rousseau, prévenant néanmoins que ce ne sera pas simple car "notre pays déteste ça!"
"Il faudra expliquer pourquoi c'est différent à Marseille et à Paris […]. Ce n'est pas si évident que ça d'expliquer cette différenciation" aux résidents, aux familles, à la population.


"Barrer la route du virus en Ehpad a échoué 224 fois depuis le confinement"
Aux Assises, Delphine Roy, responsable du programme dépendance à l'Institut des politiques publiques, a rappelé que chaque année, 600.000 décès sont déplorés en France dont 150.000 de personnes âgées, qui représentent donc "25% de la totalité des décès en France chaque année". Lors de l'épidémie de Covid-19, cette part est passée à 49%.
Jean-Marie Robine, démographe et épidémiologiste, a estimé que "dans tous les pays qui nous ressemblent, la part de la mortalité dans les établissements hébergeant des personnes âgées est considérable" et que cette situation n'est donc "pas du tout spécifique à la France", puisqu'elle "est de plus de 30% en Angleterre, de près de 50% en Belgique et en Ecosse, de 25% aux Etats-Unis, de 60% en Norvège, de 46% en Suède".
Par ailleurs, à partir de bulletins épidémiologiques hebdomadaires de Santé publique France, Jean-Marie Robine a calculé qu'il y a eu "au moins 224 décès dans les Ehpad depuis le 4 juillet", alors que Santé publique France déclare une soixantaine de décès en moins grâce aux corrections que l'agence sanitaire apporte toutes les semaines quand elle vérifie les données transmises par les Ehpad.
"A la levée du confinement, on savait que 49% des décès s'étaient produits dans les Ehpad, et l'objectif qui justifie les mesures spéciales pour les Ehpad, comme l'interdiction des visites, c'est empêcher l'introduction du virus. On est obligé de dire que barrer la route du virus dans les Ehpad aurait donc déjà échoué 224 fois […], alors que les établissements ont le matériel de protection et que des leçons de la première phase auraient été tirées", a-t-il asséné.
vl/nc/cbe/nc

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