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ENTRETIEN

SOS Seniors veut répliquer son "surloyer solidaire" à ses résidences services

Maryse Duval, directrice générale du pôle "seniors" du groupe SOS - Crédit: Groupe SOS

Initié par le groupe associatif SOS, le "surloyer de solidarité", permettant aux Ehpad de faire payer un peu plus cher les résidents les plus aisés, se déploie plus lentement qu'espéré, ce qui n'empêche pas le groupe de chercher à l'adapter à ses résidences services seniors actuelles et à venir, a indiqué à Gerontonews Maryse Duval, directrice générale de son pôle "seniors".

Cet entretien calé mi-janvier avec Maryse Duval était l'occasion d'évoquer la feuille de route 2019 de Groupe SOS.

Comme les années précédentes, il se situe "clairement dans une stratégie opportuniste" en termes de développement, avec un objectif 2020 qu'il va toutefois sans doute peiner à remplir en termes de nombre d'Ehpad dans son escarcelle.

Le groupe gère 68 Ehpad. Il en ciblait de 100 à 120 d'ici à 2020. "Il va falloir qu'il y ait un grand sursaut, mais on y croit, c'est toujours l'objectif", a assuré, optimiste, la directrice générale de son pôle "seniors" à Gerontonews, sans pouvoir encore donner d'indications sur d'éventuelles reprises en cours pour cette année.

Tout juste a-t-elle confié que la stratégie de croissance passée (mélange de rapprochements associatifs et de délégations de service public) restait d'actualité.

En revanche, elle a insisté sur "les piliers du plaidoyer" présenté en mai 2018, avec en tête de gondole, "le développement du 'surloyer' solidaire".

Depuis quelques années, Groupe SOS se distingue en modulant les tarifs hébergement dans certains de ses Ehpad, de manière à facturer les résidents en fonction de leurs revenus.

En mai 2018, il avait annoncé sa volonté de le généraliser "aux Ehpad publics" et à ceux, "volontaires, du secteur associatif", afin qu'ils dégagent des marges de manoeuvre supplémentaires.

Si, là où il est mis en place, le dispositif "fonctionne plutôt bien", il tarde un peu à se déployer, a concédé Maryse Duval.

En ce début 2019, ce "surloyer" est appliqué dans 68% des établissements du groupe, soit le même taux que l'an dernier.

Dans l'année qui vient, la Haute-Marne et la Nièvre signeront une convention, ce qui permettra à quatre nouveaux Ehpad SOS de s'y convertir.

D'autres départements, comme le Bas-Rhin et l'Oise, se sont vu expliquer le modèle mais tardent à se prononcer, a regretté la directrice générale du pôle "seniors".

"Ce sont peut-être des départements dans lesquels on n'a pas autant de poids que la Moselle ou la Meurthe-et-Moselle", a-t-elle ajouté, évoquant un manque de "proximité géographique et politique" du groupe.

"Parfois, ça ne va pas aussi vite qu'on le souhaiterait mais on trouve qu'on a déjà fait un beau travail... et puis on reste dans le même pourcentage car on reprend des établissements qui ne sont pas dans le 'surloyer'", a-t-elle fait observer.

Des pratiques de "surloyers solidaires" difficiles à chiffrer et à border

Pour autant, "on n'a pas vraiment eu de refus frontaux", a poursuivi Maryse Duval. L'essentiel étant d'assurer aux départements que "ça ne change pas les modalités d'admission des bénéficiaires à l'aide sociale". Autrement dit, qu'il ne s'agit pas de faire passer les dossiers de ces résidents potentiels en-dessous de la pile.

Une garantie peut-être tenue au sein du groupe, mais ailleurs? S'il a "régulièrement des contacts" avec d'autres opérateurs, comme le centre communal d'action sociale (CCAS) de Bordeaux, difficile de savoir combien d'Ehpad se sont réellement saisis du modèle, et comment.

D'autant que le seul retour revenu aux oreilles de Maryse Duval concerne la Moselle, "où certains l'appliquent avec peut-être pas la même exhaustivité d'approche de la liste d'attente". Autrement dit, certains établissements privilégieraient des résidents susceptibles de payer un surloyer solidaire. "Mais je pense que le département contrôle"... n'a-t-elle pu que faire observer.

"Après, il ne faut pas qu'il y ait de dérive par rapport à l'écart-type entre le tarif de l'aide sociale et le tarif pratiqué, [l'écart] le plus haut étant de 8 euros [par jour]", correspondant aux résidents les plus fortunés, a-t-elle indiqué.

Dans tous les cas, ce dispositif "permet [à SOS] d'avoir une petite manne supplémentaire" en regard "du plan pluriannuel d'investissement", que Maryse Duval qualifie de "lourd".

Par ailleurs, le groupe, qui en gère quatre de chaque sorte, "regarde de plus en plus les résidences services seniors et les résidences autonomie".

Côté résidences services, le groupe réfléchit à "en accoler" de nouvelles à des Ehpad du groupe qui vont être reconstruits: "On finalise un modèle économique sur le modèle du 'surloyer solidaire', qui permettrait d'avoir un accès à tous types de bourses", a annoncé Maryse Duval.

"On essaie un peu de répliquer le modèle du 'surloyer' aux résidences services", a-t-elle dit, sans pouvoir donner de chiffres ni sur un nombre de structures, ni sur une fourchette tarifaire qui serait proposée. En revanche, elle a confirmé que "les bailleurs sociaux sont des partenaires" avec lesquels travaillait le groupe.

S'agissant des résidences autonomie, Maryse Duval a souligné "les mêmes problématiques" qu'il y a quelques années, à savoir "un parc très très vieillissant". Dans ce cadre, Groupe SOS "n'a pas d'objectif [de reprise] mais des pistes", là encore, "en fonction des opportunités", mais aussi "de l'emplacement". Le groupe vise des "centre-ville" et des résidences "facilement réhabilitables" pour maintenir des tarifs corrects.

Le modèle économique de l'Ehpad hors les murs toujours "à ajuster"

Autre sujet pour Groupe SOS, son dispositif "Seniors Connect+", qui permet, à partir d'Ehpad changés en "plateformes de coordination", d'accompagner des personnes âgées encore autonomes à domicile.

Après deux établissements dans le Grand Est et un à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le groupe en a installé un quatrième début janvier, au sein de l'établissement Les chênes situé à Créhange (Moselle), fonctionnant sur 33 communes.

En 2018, le modèle économique du dispositif était encore en rodage. "Il a toujours besoin d'ajustement", a concédé Maryse Duval. "Il faut que le modèle évolue un peu par rapport à l'oeil des financeurs: nous, on ne le fait pas pour doper notre taux d'occupation", dans une approche de "filière d'entrée", ensuite, dans les Ehpad du groupe, a-t-elle tenu à souligner. Dans un contexte économique "frugal", il s'agit de se demander, "presque à périmètre constant, comment arriver à faire bénéficier des personnes âgées de l'extérieur des ressources de l'Ehpad".

Au-delà des abonnements, le groupe voudrait à terme proposer des "packages" type "un abonnement, un repas mensuel à l'Ehpad, deux heures d'aide à domicile et un médaillon sécurité", mais cette réflexion est toujours en cours.

Hormis cette question, le dispositif fonctionne avec la présence d'une coordinatrice par établissement, dont "on a juste besoin de payer le salaire, quelques déplacements et son téléphone portable."

Celle-ci devient "une super concierge et demande aux différentes personnes ce dont elles ont besoin". Les animations dans les Ehpad marchent très bien, comme les ateliers cuisine et numériques, a listé Maryse Duval.

La directrice générale a précisé que 63% des bénéficiaires de "Seniors Connect+" ne touchaient pas l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) et que ceux-ci avaient en moyenne 80 ans.

A début 2019, les deux premiers Ehpad porteurs du dispositif avaient déjà accompagné 550 personnes, 180 l'étant encore. Le but n'est pas forcément de le "dupliquer dans chaque Ehpad" du groupe, certains étant distants de seulement "dix kilomètres".

Groupe SOS est aussi présent en Chine, en tant que consultant. Il attend d'ici ce printemps "les premières séances de travail concrètes pour transposer les grilles AGGIR et Pathos" avec l'entreprise privée devenue son partenaire fin 2017.

Maryse Duval a évoqué "beaucoup d'opportunités" dans l'Empire du milieu, mais aussi "des difficultés à travailler là-bas à cause de la langue, la culture, et la façon d'appréhender la population âgée vieillissante".

En revanche, Groupe SOS "n'a pas avancé" sur un potentiel développement en Allemagne ou Espagne. "On est une petite équipe, le projet d'intégration [de quatre Ehpad] de la SNCF a été chronophage", a-t-elle expliqué.

Le groupe gère 550 établissements et services, dont 68 Ehpad. En 2018, il a réalisé un chiffre d'affaires de 950 millions d'euros.

cbe/eh

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