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REPORTAGE

Grève: pour les syndicats de salariés d'Ehpad, "Agnès Buzyn fait fausse route"

Luc Delrue, secrétaire fédéral FO, débriefe de la rencontre avec Aude Muscatelli le 30 janvier 2018 à Paris - Crédit: Claire Béziau/Gerontonews

Reçue le 30 janvier au ministère des solidarités et de la santé, le jour de la grève nationale visant à réclamer plus de moyens pour le champ des Ehpad et du domicile, la délégation de sept syndicats de salariés, soutenue par l'AD-PA, assure n'avoir obtenu satisfaction à aucune de ses revendications. Plus déterminées que jamais, les organisations envisagent la préparation d'un nouveau mouvement.

C'était le grand jour! Ce 30 janvier, pour la première fois, une intersyndicale appelait à la grève nationale pour réclamer davantage de moyens pour les Ehpad et l'aide à domicile.

Préparé depuis plusieurs semaines à l'initiative de Force Ouvrière (FO), le mouvement a réuni six autres organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, SUD et Unsa), soutenues par l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA).

Ce 30 janvier, près de 400 manifestants -selon la police- se sont massés à 14 heures avenue Duquesne à Paris, devant le ministère des solidarités et de la santé, pendant que l'intersyndicale était reçue par Aude Muscatelli, directrice adjointe en charge des solidarités au cabinet d'Agnès Buzyn.

Vers une "grève totale jusqu'à satisfaction de nos revendications"

A l'image des premières mesures annoncées par la ministre en direction des Ehpad, qui avaient attisé la détermination des syndicats, cette rencontre ne les a pas convaincus.

"Ce gouvernement ne répond absolument pas à nos revendications. Nous avons dit à la représentante du cabinet que nous exigeons des excuses de la ministre, qui considère que les établissements, notamment publics, sont mal gérés, c'est un scandale", a assené Luc Delrue, secrétaire fédéral FO, de retour parmi la foule une heure et demie plus tard.

"Nous avons exigé que des réponses précises soient apportées à quatre revendications qui unifient ce mouvement aujourd'hui. Quand [le gouvernement] va-t-il répondre au taux d'encadrement de un pour un? Quand va-t-il arrêter sa réforme de la tarification qui se traduit par des centaines de suppression de postes? Et le ministère a eu le toupet de nous dire que cette réforme est attendue par tout le monde… Non! Elle n'est attendue par personne! Le préalable est de retirer la réforme pour qu'on puisse discuter. Il faut arrêter la baisse des dotations en établissement et au domicile. Enfin, il faudra bien que ce gouvernement aborde la question salariale", a encore harangué Luc Delrue.

"Demain [31 janvier], toutes les organisations syndicales se réuniront à 17h30 pour tirer le bilan", a-t-il annoncé.

En attendant l'heure des comptes, le syndicaliste reste mobilisé. "Nous allons faire le point précis de la mobilisation dans tous les départements et il ne faut pas lâcher, si on veut faire reculer le gouvernement. Sur la base de la grève construite depuis plusieurs semaines, il faudra à nouveau que l'on décide de la grève totale dans tous les Ehpad jusqu'à la satisfaction de nos revendications", a-t-il résumé, applaudi par les manifestants.

"Le seul médiateur, c'est rencontrer l'Elysée ou la ministre!"

Aude Muscatelli a, selon lui, répété le discours d'Agnès Buzyn, selon laquelle "aucun établissement ne serait perdant. Mais comment un établissement ne pourrait pas perdre puisque la réforme vise à prendre à ceux soi-disant mieux dotés pour donner à ceux qui sont sous-dotés?", s'est-il insurgé.

Concernant les annonces de la ministre faites le 26 janvier, et notamment des "incompréhensions" concernant la réforme, le représentant FO a répondu à Gerontonews qu'"Agnès Buzyn fait fausse route en pensant qu'il s'agit d'une question de pédagogie, d'un déficit d'explication. Même la FHF [Fédération hospitalière de France] dit que c'est 200 millions [d'euros de perte] rien que sur la dépendance!"

La nomination d'un médiateur de l'Igas [Pierre Ricordeau, a annoncé Agnès Buzyn ce 30 janvier] fait aussi enrager Luc Delrue: "Le seul médiateur, c'est rencontrer l'Elysée ou la ministre, pas monsieur X ou Y! C'est ce gouvernement qui doit discuter avec les organisations! Nous avons répété notre demande initiale, être reçus par la présidence de la République et la ministre en personne."

Interrogé sur une première évaluation de la mobilisation, il a cité "1.500 manifestants" à Angers et "1.200 à Lyon" devant les préfectures et les agences régionales de santé (ARS).

Jean-Paul Zerbib, de la CFE-CGC, a précisé à Gerontonews que "la représentante du cabinet n'a absolument pas contesté la promesse du un pour un, mais les différents gouvernements n'ont pas tenu leurs engagements, ce n'est donc pas la responsabilité du gouvernement Macron qui est en cause, mais une responsabilité globale des gouvernements précédents. Il faudrait recruter plus de 200.000 personnes pour arriver à un pour un […]. On demande des mesures d'urgence et un plan à long terme".

Les mesures promises "sont mieux que rien, mais c'est largement insuffisant et pour le gouvernement, ça a valeur de fin de non-recevoir, donc ça ne nous convient pas. On va continuer, le gouvernement l'a bien compris", a-t-il insisté.

"Ecume des vagues" VS "Immensité de l'océan"

"Aujourd'hui, les directeurs sont à vos côtés, car nous non plus n'en pouvons plus de ce que les pouvoirs publics vous imposent de faire en tant que salariés, et nous imposent de faire et de dire en tant que directeurs", a pour sa part déclaré Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), aux manifestants.

"La conseillère de la ministre a essayé de nous rassurer sur le fait qu'il n'y aurait pas de diminution de nombre de personnel en établissement, c'est un tout petit premier début, c'est aussi parce que nous avons réagi aujourd'hui que nous avons cette réaction, mais ça ne suffit pas: il ne s'agit pas que de parler de l'écume des vagues, il faut parler de l'immensité de l'océan, il faut parler de la façon dont on devra accompagner à l'avenir à domicile et en établissement les personnes âgées", a-t-il insisté.

cbe/vl

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