Une opération de maintenance est prévue vendredi 22 octobre 2021 entre 13h15 et 13h45. L'accès au site sera interrompu durant cette période. Nous vous remercions pour votre compréhension.

 Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92  

 

gerontonews.com

Testez gratuitement pendant 1 mois

testez-nous
https://www.malta-informatique.fr/actualites/TivUnt/titan-se-reinvente-et-devient-titanlink-votre-logiciel-de-gestion-ehpad-fam-mas-en-web

Antalgiques en Ehpad: une consommation importante et parfois inadaptée

Les résidents d'Ehpad consomment beaucoup d'antalgiques, principalement du paracétamol, et essentiellement de façon chronique. Mais cette consommation s'avère parfois inadaptée, et relève parfois du mésusage, tant sur le plan des molécules que sur celui des formes galéniques, pointe une étude de l'Institut du bien-vieillir Korian.

Publiée au printemps dans la revue Gériatrie et psychologie neuropsychiatrie du vieillissement, cette étude observationnelle a été réalisée en 2012 dans 99 Ehpad français du groupe Korian utilisant la solution Medissimo, auprès de 10.818 résidents, dont 72% étaient âgés de plus de 85 ans.
Au terme d'une année de suivi, il est apparu que 62% des résidents avaient consommé au moins un traitement antalgique, 51% de façon chronique, 11% de façon brève et 25% de façon à la fois chronique et brève. Pour 41% des résidents sous antalgiques, la prescription initialement brève d’antalgiques a évolué vers une prescription chronique. Et quelque 47% ont bénéficié d’au moins une prescription d’antalgiques "si besoin".
La prescription chronique (supérieure ou égale à 28 jours) représentait 81% des ordonnances d'antalgiques. Parmi celles-ci, 68% étaient des ordonnances d’antalgiques de palier 1 - des molécules non-opioïdes telles que le paracétamol et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), 13% des ordonnances d’antalgiques de palier 2 (opiacés faibles ou opioïdes mineurs type codéine, dihydrocodéine et tramadol), 9% des ordonnances d’antalgiques de paliers 1+2, et 5% des ordonnances de palier 3 (opiacés et opioïdes forts tels que la morphine, le fentanyl et l'oxycodone). Les prescriptions brèves (19%) étaient à 57% des ordonnances d’antalgiques de palier 1, à 16% des ordonnances d’antalgiques de palier 2 et à 20% des ordonnances d’antalgiques de palier 3.
Ayant compté 18 dénominations communes internationales (DCI) d'antalgiques prescrites en Ehpad, les auteurs de cette étude soulignent que le paracétamol représentait 84% des prescriptions chroniques, prescrit essentiellement en monothérapie (90% des cas) et en posologie variable (74% des cas). Le tramadol était représenté dans 14% des prescriptions chroniques, les AINS dans 7% des cas et le fentanyl dans 4% des cas.

Questionner le sens des prescriptions "si besoin" et développer le rôle infirmier

Dans leur analyse, les auteurs de cette étude pointent le fait que près de la moitié des résidents sous antalgiques ont bénéficié d’au moins une prescription d’antalgiques "si besoin", délivrés soit à la demande du résident soit lors de douleurs dépistées par les soignants. Et ils s'interrogent: ces prescriptions "si besoin" répondent-elles aux besoins des résidents en Ehpad ou aux contraintes organisationnelles de chaque Ehpad ?
Le fort taux de prescriptions chroniques d’antalgiques s'explique-t-il en fait par la chronicisation des prescriptions "si besoin", ou correspond-il à une chronicisation de la douleur ? La question se pose, soulignent les chercheurs, mettant en relief l'importance "de mener une réflexion quant à la diminution de ces prescriptions 'si besoin' qui souvent ne sont pas réévaluées régulièrement par les médecins traitants'".
Les auteurs pointent par ailleurs le fait que les prescriptions d’antalgiques de palier 1 représentent 76% des ordonnances, et que pour l'essentiel il s'agit de paracétamol, une molécule délivrée sans ordonnance en officine de ville. Partant de là, ils se posent "la question de la pertinence de mettre en place un système de délégation des prescriptions d’antalgiques de palier 1 aux infirmières dans le but d’améliorer la prise en charge de la douleur". "La mise en place dans les Ehpad d’un protocole de prise en charge de la douleur destiné aux infirmières, incluant le dépistage et l’évaluation systématique ainsi que le traitement à la fois pharmacologique et non pharmacologique de la douleur, pourrait être une solution pour améliorer la prise en charge de la douleur et, de fait, la qualité de vie des résidents. Il faudrait pour cela mettre en place des formations adaptées pour tous les soignants" insistent-ils.

Prescriptions inadaptées et risque d'effets indésirables

Les résultats de cette étude révèlent, plus encore, "plusieurs prescriptions d’antalgiques inadaptées qui peuvent entraîner des effets indésirables graves chez le sujet âgé et qui vont aggraver le processus de chronicisation de la douleur", soulignent ses auteurs.
Le paracétamol est ainsi prescrit en posologie variable dans près de trois quarts des cas et ce, quelle que soit la durée de prescription. Or, rappellent les chercheurs, la prescription du paracétamol en posologie variable n’est pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques. Qui plus est, "même lorsqu’il est prescrit à posologie fixe (un quart des cas), on retrouve un mésusage dans 6% des ordonnances avec une dose prescrite supérieure ou égale à 4 grammes par jour".
Concernant les ordonnances d’antalgiques de palier 3, l'étude montre que la DCI majoritairement retrouvée est le fentanyl (74% des cas) et que la forme galénique la plus utilisée est la forme patch (74%). Pourtant, pointent les auteurs de l'étude, chez les sujets âgés, l’antalgique de palier 3 de référence est la morphine par voie orale. La forme patch ne doit être qu’une alternative, en cas de vomissements, de troubles de la conscience ou de la déglutition.
Cette utilisation du fentanyl en patch est-elle due à une inquiétude liée à une mauvaise maîtrise de l’utilisation des autres formes galéniques par les médecins généralistes ? A une mauvaise diffusion des recommandations en médecine de ville ? A un manque de formation des soignants quant à l’utilisation de la forme orale ? Aux modalités de fonctionnement des Ehpad avec un taux de présence insuffisant des infirmières, en particulier la nuit ? Les auteurs s'interrogent. Mais pointent les risques: "L’usage de la forme patch présente un réel danger de surdosage chez la personne âgée". De plus, cette forme moins maniable rend plus délicat de soulager la douleur correctement. Enfin, les patchs d’antalgiques de palier 3 n’ont d'autorisation de mise sur le marché (AMM) que pour les douleurs chroniques d’origine cancéreuse, ce qui laisse penser que leur usage doit souvent se faire hors AMM.
Autres mésusages pointés par les auteurs de cette étude: la prescription d’AINS (8% des ordonnances d’antalgiques) alors même que ce sont des médicaments dont le rapport bénéfices/risques est moins favorable avec l’avancée dans l’âge, ou encore celle de tramadol, un antalgique dont les effets secondaires peuvent s’avérer très délétères chez les sujets âgés. L’étude des ordonnances chroniques de tramadol montre ainsi "un mésusage dans 33% des cas avec des doses prescrites en dehors des recommandations de bon usage; parmi elles, 21% des prescriptions ont des dosages au-delà des doses recommandées chez le sujet âgé".
En conclusion de leur étude, ses auteurs émettent différentes recommandations. Ils préconisent notamment de vérifier l’intérêt des prescriptions "si besoin" dans les Ehpad en étudiant la réalité de la distribution et de l’administration des médicaments ainsi que l’existence d’une évaluation de la douleur préalable. La sensibilisation des médecins traitants et des équipes soignantes aux recommandations de bon usage des morphiniques et aux règles de bon usage du tramadol et des AINS est aussi nécessaire, ainsi qu'un travail sur les galéniques médicamenteuses pour réduire le nombre de prises quotidiennes de médicaments chez les résidents, ajoutent-ils.
ed/ab

Testez gratuitement pendant 1 mois

Découvrir l’offre

Actualités en rapport avec l'article

Circuit du médicament: Medissimo "connecte" sa convention Ehpad-officines

Article 13/05/2016

Circuit du médicament en Ehpad: un syndicat de pharmaciens d'officine veut renforcer leur rôle

Article 04/06/2015

Circuit du médicament en Ehpad: des leviers pour plus de sécurité

Article 31/03/2015

Pyrénées-orientales: 10 structures dont 4 Ehpad associées dans une PUI

Article 03/03/2015

Profitez de toute l’information Gerontonews.com en continu & illimité

  • Articles illimités
  • Dossiers pratiques illimités
  • Newsletter quotidienne
  • Multi-comptes
  • Testez gratuitement pendant 1 mois

Découvrir l’offre
http://cerig.fr/public/suite-logicielle-esms-ehpad-ssiad/

Inscrivez-vous à la newsletter quotidienne gratuite


https://www.congres-cnaag.com/